Event planner

Dans le cadre d’une association que j’ai présidée de 2008 à 2009, « En bas de chez vous », organisation d’événements dans le quartier de la gare à Pau. Mes fonctions en tant que président étaient

-organisation générale des soirées
-gestion du budget
-communication, créations visuelles
-direction artistique et stratégique
-relation presse
-gestion des équipes

L’ancien quartier industriel dans lequel se situaient nos actions est au bas de la ville, adossé à la gare de Pau. L’association s’appelle « En bas de chez vous« , pour peu, elle se serait appelée « L’apport des graves », clin d’oeil au nom du projet lancé par les pouvoir publics locaux « La porte des gaves ». On a estimé qu’un nom plus policé était plus approprié. Et puis il est tellement facile d’enfermer dans des idées reçues qu’il était inutile de donner le bâton pour se faire battre.

Le but de ces soirées était de faire la promotion d’un quartier, d’apporter un nouveau regard et de proposer des solutions de développement. Les retours dans la presse ont été très positifs. Les soirées que nous avons organisées ont marqué les esprits. La presse locale et nationale en a fait le relais (une grande radio nationale s’est penchée sur nos actions).

Avec des budgets dérisoires bien maîtrisés (la première soirée a été financée sur mes fonds propres et nous nous sommes tenus à ne jamais demander d’aides ou de subventions pour être intellectuellement cohérent), nous avons su créer des événements qui ont mêlé exposition, culture, musique, tout ça dans un but précis, apporter un nouveau regard sur un quartier. Un vrai souffle novateur à Pau. Inspiré par des villes d’avant garde qui ont su faire d’anciens quartiers industriels, des quartiers vivants, originaux et économiquement dynamiques, notre ambition était de montrer une alternative pour un ensemble plein de potentiel. Nos actions se sont malheureusement heurtées à des inerties plus fortes que nous. Territoire convoité par les politiques, enjeu de spéculations immobilières, nous avons voulu proposer une alternative aux projets publics globaux et coûteux et au découragement des privés. Je connais bien le contexte politico économique pour cet espace, et le blocage ne date pas d’hier. Je reste persuadé qu’il est possible de faire naitre un espace original, mêlant l’intérêt général et l’activité privé avec un projet directeur qui pourrait se rapprocher de ce que j’ai vu du temps où je vivais aux États-Unis. Abbot Kinney par exemple, quartier moderne, respectueux du passé, où les habitants se sont organisés pour refuser l’installation des franchises et permettre à des business de qualité de s’installer. Des infos ici

Le commentaire d’un badaud béarno-béarnais en promenade dans le quartier a mis à mort les derniers espoirs que je pouvais avoir concernant le développement de ce quartier. Alors qu’il promenait, dans ce cadre qui le repoussait, ses chaussures à pompon et son polo de marque impeccablement repassé, je l’interpelle sur les enjeux du quartier. Très représentatif d’un état d’esprit local, ce brave homme incarnait une façon très répandue de penser. Encore plein d’énergie et d’envie, je lui exposais mon projet de faire de ce quartier, au niveau palois, un quartier qui récupère ses ateliers, ses hangars, son histoire, pour installer des activités qui tirent le quartier économiquement vers le haut, et qui se rapproche de ce que des villes comme NYC, Londres, Lyon avec ses quais, ou Nantes avec son industrie vieillissante ont fait. Ce brave homme, représentatif de l’électeur palois moyen m’a dit avec une bouche qui s’est tordue pour exprimer son dégout :  » New York, c’est horrible ! «  (sic) tout était dit. Cet homme devait préférer le centre commercial de Lescar soleil au quartier des docks londoniens, au renouveau qui se passe à downtown LA depuis une vingtaine d’année, au quartier de tribeca à New York city, ou plus près de chez nous, aux anciennes biscuiteries de Nantes  ? J’ai compris que si on dit que les États Unis et surtout la Californie ont 10 ans d’avance sur la France, sur le béarn, c’est le double. J’ai donné du lest à ce projet pour me concentrer sur swap and surf, projet naissant sur lequel j’avais les manettes et que je suis en mesure de diriger depuis Pau. Ce projet est maintenant ma bulle d’oxygène, ma fenêtre sur le monde, un pont vers d’autres cultures, d’autres façons de penser (un aspect qui je dois le reconnaître me manque de Los Angeles où toutes les communautés amènent leur richesse et leur énergie).

 

Et quand, avec le recul, on me dit: « vous vous êtes bien amusé », avec un suspens, l’idée que tout ça n’était pas très sérieux, et qu’on était là pour faire la fête, je réponds que oui, en effet, on a fait la fête. Et j’ajoute que ce qui n’est pas très sérieux, à mon sens, c’est un vaste projet public comme le quartier Antigone à Montpellier ou encore les centres commerciaux péri-urbains de ce genre ici. Beaucoup nous ont assez facilement catalogués au mieux dans la case des idéalistes qui ne savent créer des choses que sous la forme associative car étant incapables de faire autre chose dans la « vraie vie », au pire comme des fêtards soiffards et bruyants. Je mets ces jugements expéditifs sur le compte de l’ignorance et du manque d’ouverture d’esprit que j’ai évoqué plus haut. Par parenthèses, je me suis rendu compte que certains esprits critiques sur la vision que nous portions travaillaient logiquement pour le compte de cette conception de l’aménagement urbain que nous avons combattue. Et quand il s’agissait de prendre des vacances, c’est dans les galeries de tribéca où celles des quais du vieux Lyon industriel qu’ils allaient dépenser leur temps et leur argent. Ils laissaient les flunchs pour ceux qui leur font gagner leur vie.

En plus du savoir faire que j’en ai tiré, je garde quand même de ces 6 soirées un très bon souvenir. Toutes ont été des succés très bien relayées par la presse alors que nous n’avions aucun appui dans ce domaine. Près de 600 personnes étaient présentes à la première soirée

  • organisation de concerts
  • happening artistiques (peinture en live, mise en scène de combats de catch mexicain auquel le public participait, etc)
  • exposition d’oeuvres sur un thème
  • soirées en partenariat avec Surfrider Foundation Europe

Nous avons apporté des solutions modernes pour un quartier sur lequel pèse beaucoup d’interrogations lien ici ou dans la presse ici

un extrait d’article paru sur ce quartier

« Quelles évolutions ou quelle vision pour le territoire de la Porte du gave, actuellement constitué de friches industrielles et de saligues? Fabriquer, révéler une qualité urbaine au travers des différents regards et sensibilités, imaginer une stratégie urbaine pour demain, telles sont les réflexions qui ont été menées depuis plus d’un an, par les 300 étudiants de troisième année de l’Ensap Bordeaux (, Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage) et de l’Ecole d’architecture de San Sebastian. »