Quel est le bon prix ? Tous les actes commerciaux sont soumis à cette question, et le domaine du graphisme et de la communication peut être un peu plus que la moyenne. Difficile d’évaluer l’investissement que demande la mise en place d’un site internet. Le produit final est visible sur un écran, immatériel, impossible à toucher, à appréhender. La plupart des gens ont naturellement du mal à se faire une idée de ce que ce travail demande en temps et en connaissance.

Pour les créations graphiques type charte graphique, l’exercice peut paraitre simple, mais il demande des compétences particulières, et je ne répète jamais assez qu’à notre époque plus que jamais, l’image est fondamentale. Le simple fait de réaliser un logo demande une vraie réflexion qui dépasse largement le cadre de la seule création graphique ou de savoir faire de jolies formes sur un papier. Négliger cet aspect quand on développe une activité peut conditionner tout le reste.

Si on se méfie parfois injustement des prestations de beaucoup de professionnels qui trainent des réputations douteuses, la tendance est de largement sous estimer le travail des expert du graphisme et de la création visuelle, surtout s’ils sont indépendants.

Il faut aussi reconnaître que cette perception de la valeur marchande d’un infographiste indépendant ou d’un créateur, est très liée à une culture française qui reconnait la sueur, le tas de sable que l’on a déplacé d’un point A à un point B, mais qui a plus de mal avec la valeur intellectuelle d’une prestation. Mon expérience californienne m’a appris que ce pays de culture anglo saxonne reconnait bien mieux une prestation de nature créative, et qu’elle est intégrée dans une logique du processus de réussite d’une entreprise. La Création et l’Art étant tellement dissociés de la relation mercantile en France, du moins dans les mentalités, qu’il n’est pas toujours aisé de faire reconnaître sur un plan professionnel et pécuniaires ces savoir faire.

Alors pourquoi me direz vous suis je rentré en France ? Parce que je j’aime mon pays, je suis attaché à mon Sud Ouest, et que la réussite financière n’est pas ma seule préoccupation, mais pour ceux dont l’objectif de vie principal est de rouler dans des voitures de sport et de siroter un cocktail dans un spa comme pourrait le faire un VIP, je conseillerai de faire ses valises, et d’aller vendre ses talents ailleurs. Un ami a réussi dans le domaine de la restauration. Il est maintenant manager d’un restaurant de standing à Londres. Il a des parts dans l’affaire, et en partant de rien, après un passage à New York très formateur, il s’est fait une place. Il m’a dit un jour « ma femme c’est l’étranger, et ma maîtresse, c’est la France, tu voudrais vivre avec mais tu peux pas« . Il a essayer après NYC de monter une affaire en France, et il a fait demi tour pour aller poser ses valises à Londres.